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30,000 Gather In Strasbourg, France To Say ‘Destroy Nato, Yes We Can’

April 15, 2009

30,000 Gather In Strasbourg, France To Say ‘Destroy Nato, Yes We Can’

Published in english at: http://othersideofacoin.blogspot.com/2009/04/to-say-destroy-nato-yes-we-can.html, http://www.wikio.co.uk/international/europe/france/strasbourg, http://tangibleinfo.blogspot.com/2009/04/german-french-people-protest.html, http://alienationshop.blogspot.com/, http://euraktiva786.wordpress.com/2009/04/10/30000-gather-in-strasbourg-france-to-say-destroy-nato-yes-we-can/

And in french at: http://toulouse.indymedia.org/spip.php?article39600, http://nantes.indymedia.org/article/17576

En Français: Tandis que les manifestants commencent à construire des barricades et mettre le feu, le pont de la frontière franco-allemande déborde de CRS blindés.  Les gens se côtoient, échangent des tractes, regardent des dizaines de bateaux de police sur le Rhin, et font l’allée-retour entre le terrain du meeting à 400 mètres de là.  L’atmosphère est crispée.  Les flics entourent l’île qui est le port de Strasbourg, mais pour le moment sur l’île même les manifestants ont carte blanche.   La destruction est dans l’air.

Le jeudi précédent a déjà vu les 1500 du black block déclenchent des ravages dans la partie sud de la ville, brisant des fenêtres au siège de la police et une base militaire, en taggant tout au long de la rue.  La répression policière suivait par une invasion du village des 10.000 manifestants et 140 arrestations.  Plus tard le jeudi, une tentative d’invasion du camp a été repoussée après que la police a lancé des bombes de gaz lacrymogène dans les quartiers résidentiels environnants et les manifestants ont allumé le feu sur des barricades et ont répondu avec des cocktails Molotov.  Le vendredi a été une journée “légère” durant l’anti-congrès de l’OTAN avec de grands orateurs comme Tariq Ali et Noam Chomsky, bien qu’à la suite des conférences il y ait encore une fois des échauffourées à la périphérie du camp.

Cependant, samedi était le premier jour officiel du sommet de l’OTAN à Strasbourg qui a accueilli tous les dirigeants des pays de l’OTAN avec l’annonce de leur “nouveau concept stratégique pour le 21ème siècle”, dans lequel l’OTAN  a l’intention de remplacer l’ONU en tant que dirigeant de la politique internationale.  Ce “concept” prolongera sans doute la trajectoire post-1989 d’encercler la Russie à la poursuite des bases militaires dans les Balkans et en Europe de l’Est, et de son bouclier de défense anti-missiles en République tchèque et en Pologne, malgré que l’opinion populaire soit massivement contre le projet.

Toutefois, le motif le plus évident de Barack Obama et de sa délégation américaine est la “stratégie globale” en Afghanistan.  Son intention est de poursuivre l’occupation mise en place par l’administration Bush et son intensification continue – entre 2004 et 2007 le nombre de bombardements aériens a augmenté, passant de 86 à 2926 – par l’ajout de 21.000 soldats aux 38000 déjà sur le terrain.  Etant donné  que le pays est déjà divisé en secteurs occupés, comme l’Allemagne ou l’Autriche d’après guerre, par des Italiens, des Américains, des Français, des Allemands, aussi bien que le secteur contrôlé par les Néerlandais / Canadiens / Anglais, l’intervention poursuit une guerre qui n’a guère cessé depuis 30 ans avec 8000 morts en 2007, où 260.000 Afghans ont fui le pays, et où ¼ de la population manque de nourriture et d’eau.   En outre, seulement 15 milliards de dollars sur 25 milliards de dollars de l’aide de l’OTAN promise a atteint le pays, avec 40% de l’aide accordée aux entreprises européennes et américaines par contrat dont l’objectif est de maintenir l’occupation et, par conséquent, l’aide ne parviendra pas à la population affectée.

La situation est désespérée.  46.000 Afghans sont déjà morts d’un décès qui aurait pu être évité pendant les 40 premiers jours de la présidence d’Obama.  Et si Obama prétend qu’il désire une perspective plus globale en appelant à l’aide d’autres dirigeants du monde, il exige aussi plus de “responsabilité” de leur part pour les guerres de l’Amérique dans le monde musulman.  Un mois avant le sommet de l’OTAN, le président français Nicolas Sarkozy a annoncé la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’OTAN après 40 ans d’absence.  Cela avait de l’intérêt: ne serait-ce à dire que la France – et d’autres pays européens – va envoyer plus de troupes pour combattre dans la guerre illégale en Afghanistan?  Et cela pourrait-il compromettre l’avenir de la France et sa capacité de contester les guerres illégales américaines comme ils l’ont fait en Irak?

Néanmoins, le moment s’est avéré comme un cri de ralliement pour le mouvement anti-guerre et les quelque 30.000 manifestants qui se sont réunis à Strasbourg pour dire non à l’OTAN.  En dépit de la provocation initiale de la police de sécurité empêchant les manifestants d’atteindre le point de rencontre pour la manif,  les grands groupes ont commencé à se regrouper dans le quartier résidentiel du port de Strasbourg, à environ 13 h samedi.  Les contingents se sont pointés vers la frontière allemande où la police a constitué un obstacle redoutable pour les 7000 manifestants allemands de l’autre côté – on leur a menti en disant qu’ils pourraient se joindre à la manif – et, par conséquent, de mettre le feu au bureau de la douane.  Les hélicoptères au-dessus foutaient le camp, leur vision obscurcie par la fumée. Bureaux sortaient de l’immeuble à alimenter les barricades en flammes.  Graffiti gribouillé sur les murs proclament “la guerre sociale”, “pour les Afghans”, et “contre l’OTAN, contre le capitalisme.”  Marchant vers le terrain du meeting, les manifestants commencent à démonter des panneaux publicitaires, des caméras de sécurité et des distributeurs de billets.  La manif n’a toujours pas pu se démarrer tant que la police bouclée la zone, en empêchant plus de manifestants d’y entrer et ceux déjà présents de partir, alors la destruction commence à incorporer de nouveaux éléments.  Une banque, une pharmacie, à l’instar du bureau de la douane, sont en flammes alors que d’énormes vagues de fumée s’envolent dans le ciel.  Stations de bus sont défoncées avec des barres en fer, des pavés sont jetés sur la barricade naissante, et les églises environnantes ont des portes taggées avec des citations des Lumières.  La prochaine cible est un hôtel 4 étoiles qui est pillé et brûlé.  Peu de temps après, l’arrivée de la police avec des bombes de gaz lacrymogène obligent les derniers manifestants de partir vers le terrain du meeting.  Un nuage de gaz lacrymogène commencent à envelopper la zone entière, et atteint les 30.000 manifestants réunis à seulement 100 mètres de là.  Des milliers de personnes toussent et s’aspergent du sérum dans les yeux pour soulager la sensation de brûlure.  La majorité écrasante condamne les actions policières contre la foule.

La manif commence finalement à près de 15 h lorsque la grande masse fait son chemin le long du port jusqu’au pont à l’entrée de la ville.   Des milliers de policiers anti-émeutes bloquent le passage, forçant la foule de tourner à droite et se pointer vers le quartier dévasté.   En arrivant à la voie ferrée qui représente l’entrée dans le quartier, le passage est à nouveau bloqué.  La police commence à enfermer les gens des deux côtés, bombardant la foule avec des tirs de flashball, du gaz lacrymogène, des grenades assourdissantes et un canon à eau.  Les bureaux autour sont encore une fois brisés, un bureau de poste saccagé.  Les cailloux de la voie ferrée pleuvent sur la police qui réagit avec plus de gaz lacrymogène.  La violence des flics atteint son sommet quand ils reprennent le contrôle de la voie ferrée et acculent un groupe de pacifistes contre un mur, les aspergeant de gaz lacrymogène.  Ils finissent par diriger le troupeau de manifestants, sans défense et fatigués, hors de la zone portuaire en arrêtant toute personne habillée en noir.  En fin de compte, environ 300 sont arrêtés – bien que seulement 12 restent en garde à vue – avec près de 50 blessés – dont un quart de la police.

Bien sûr le consensus dans les médias a été le choc et la condamnation le lendemain.  La seule perspective intéressante était celle des résidents dans le quartier populaire ravagé qui ont dirigé leur choc et colère contre les autorités qui “ont permis leur communauté d’être sacrifiée.”  Alors qu’ils étaient confus et humiliés par la destruction de leur quartier, ils ont compris que la ville qui accueille un sommet de l’OTAN dans le contexte actuel ne sortira pas indemne.  Au contraire, une ville qui accueille le 60 e anniversaire de l’OTAN et la célébration de ses crimes de guerre doit nécessairement payer cher.  Pourtant, ils étaient les seuls obligés d’assumer la charge.

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